Radars urbains en France : fonctionnement, villes concernées et perspectives des années à venir
Lufop
Un nouveau visage pour les contrôles routiers en ville
Depuis quelques années, la France modernise son arsenal de contrôle routier en ville. Objectif : mieux protéger les usagers les plus vulnérables (piétons, cyclistes, enfants) et renforcer la sécurité aux carrefours dangereux. C’est dans cette optique qu’ont été introduits les radars urbains, une nouvelle génération de dispositifs à la fois plus discrets, plus mobiles et plus intelligents.
Qu’est-ce qu’un radar urbain ?
Contrairement aux radars fixes classiques, les radars urbains sont conçus pour s’intégrer dans le paysage urbain sans être trop visibles. Installés sur des lampadaires, feux tricolores ou autres mobiliers urbains, ils sont généralement signalés par un petit panneau discret à 20 ou 30 mètres seulement. Leur but n’est pas tant de piéger les automobilistes, mais bien de dissuader les comportements dangereux en ville.
Ils sont capables de détecter diverses infractions : excès de vitesse, franchissement de feu rouge, et bientôt d’autres comportements à risque comme l’usage du téléphone au volant ou le non-respect des pistes cyclables.
Déploiement des radars urbains en France
Le déploiement a débuté en 2021 avec une phase de test dans plusieurs villes pilotes. Dès janvier 2024, le dispositif est devenu pleinement opérationnel. Les premières villes à s’équiper furent Marseille, Montbéliard, Sochaux, Toulouse, et le Territoire de Belfort.
Depuis, de nombreuses agglomérations ont suivi. On trouve aujourd’hui des radars urbains à :
D’autres villes comme Metz, Lille, Bordeaux ou Dijon sont sur la liste pour 2025. Au total, plus de 500 radars urbains supplémentaires devraient être installés dans les deux prochaines années.
Un dispositif national à fort potentiel
En 2023, on comptait environ 3 500 radars automatiques en zones urbaines en France. Grâce aux nouvelles législations, notamment la loi 3DS, les collectivités locales peuvent désormais commander et faire installer leurs propres dispositifs, sous le contrôle de l’État. Cela accélère considérablement la couverture du territoire.
Les radars sont placés de manière stratégique : carrefours accidentogènes, zones à proximité des écoles, axes à fort trafic ou lieux avec de nombreuses plaintes d’habitants.
Deux modèles principaux
On distingue deux modèles de radars urbains utilisés actuellement :
- Le Nomad de Parifex : déployé surtout dans le nord de la France
- Le Mesta Compact d’Idemia : plus courant dans le sud
Leur point commun : une taille réduite, une technologie embarquée de pointe et la capacité à fonctionner en mode leurre (certaines cabines ne flashent pas en continu).
Technologie et fonctionnement
Ces dispositifs embarquent des capteurs Doppler, des caméras infrarouge et parfois des systèmes intelligents de reconnaissance d’image. Contrairement aux anciens modèles, ils ne produisent pas de flash visible, ce qui les rend très difficiles à détecter.
Ils peuvent surveiller les véhicules dans les deux sens de circulation. Chaque radar est actuellement programmé pour détecter un seul type d’infraction à la fois (soit vitesse, soit feu rouge).
Mais dès 2025, certains radars urbains nouvelle génération seront capables de cumuler plusieurs fonctions :
- Vitesse excessive
- Feux rouges
- Téléphone au volant
- Ceinture non attachée
- Circulation sur bande cyclable
- Non-respect des distances de sécurité
- Arrêt au stop
Traitement des infractions
Une fois l’infraction détectée, une image horodatée est automatiquement transmise au Centre national de traitement basé à Rennes. La contravention est ensuite générée et envoyée par courrier au titulaire de la carte grise.
L’automatisation est totale : aucune intervention humaine n’est nécessaire pour valider l’infraction. Cela permet un traitement plus rapide, mais aussi une généralisation à grande échelle.
Un outil pour une ville plus sûre
Les radars urbains ne visent pas seulement à sanctionner : ils s’inscrivent dans une politique plus large de réduction de la mortalité routière. En 2023, les accidents en ville représentaient 68 % des décès de piétons en France, selon la Sécurité routière (source).
En signalant les zones dangereuses, en limitant les excès de vitesse, et en collectant des données sur la circulation, ces radars aident aussi les municipalités à mieux aménager les villes.
Et les amendes dans tout ça ?
La multiplication des radars urbains s’accompagne d’une hausse des recettes issues des contraventions. Toutefois, une partie de ces revenus est réinvestie dans la mobilité durable :
- Création de pistes cyclables sécurisées
- Extension des zones piétonnes
- Meilleure signalisation routière
Ce réinvestissement est encadré par l’État et vise à rendre les villes plus accessibles, plus respirables, et mieux partagées entre tous les usagers.
FAQ – Questions fréquentes
- Est-ce qu’un radar urbain peut flasher plusieurs infractions à la fois ?
- Non, pas encore. Chaque radar est limité à une infraction à la fois, mais cela va évoluer dès 2025.
- Sont-ils vraiment invisibles ?
- Ils sont très discrets, souvent intégrés au mobilier urbain. Ils n’émettent pas de flash visible.
- Comment savoir où ils sont ?
- Grâce à la carte nationale des radars, mais aussi via les applications GPS à jour comme Waze ou Coyote.
- Les maires peuvent-ils en installer ?
- Oui, depuis la loi 3DS, les collectivités peuvent demander l’installation de radars dans leur commune.
Conclusion : vers une ville plus apaisée ?
Les radars urbains sont appelés à jouer un rôle de plus en plus central dans la gestion de la sécurité routière en milieu urbain. Grâce à leur technologie, leur adaptabilité et leur capacité à s’intégrer dans le paysage, ils accompagnent la transformation des villes vers une circulation plus sûre, plus fluide, et plus respectueuse des usagers.
Ils ne sont pas là pour piéger ( ?? ) , mais pour prévenir. Alors autant rouler zen, lever le pied et garder les yeux ouverts. 😉
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